L'histoire de l'entreprise Canard Soulard

Naissance d'une dynastie à l'Oie, en Vendée

1936 : Ernest ne le sait pas encore, mais il est en train de fonder une véritable dynastie, un empire florissant qui au fil des années, s'ouvrira sur le monde entier.

Des rêves plein la tête, l'envie de devenir maquignon mais pas assez d'argent. Ernest Soulard, s'allie en 1936 avec son frère, Pierre, volailler à l'Oie, une petite commune de Vendée.

Après quelques mois d'apprentissage dans la ferme, Ernest devient son propre chef. Il s'installe avec Constance, sa femme, dans la maison familiale et transforme les écuries en abattoirs.  Mais les temps durs et il faut avec les épaules solides pour ne pas sombrer dans la période difficile d'avant-guerre.

Ernest Soulard travaille dur. Chaque jour, dès l'aube il doit se rendre dans les foires et marchés de la région pour y acheter les plus belles volailles : poulets, lapins, pigeon, canards.... A son retour, Constance les plume et les vide. Celles-ci seront ensuite amenées aux « Quatre chemins » pour être transportées aux Halles de Paris.

Ernest et Constance donneront naissance à 8 enfants. Nourrir la famille est un défi. Les jours de foires à l'Oie, Constance prépare des repas pour plus de 200 personnes. Quant aux enfants, après l'école et les devoirs, ils aident leurs parents : il y a toujours des poulets à plumer qui les attendent !

Sources :
Bocage de Vendée aux quatre saisons, Pascal Baudry et Yves Viollier - édition Siloë
L'usine est dans le Pré... La belle aventure des entreprises vendéennes - ADV Editions

 

L'après-guerre : le tournant décisif pour l'entreprise Ernest Soulard

C'est la fin de la guerre, la paix revient, la demande augmente, la petite ferme familiale et locale se transforme en une véritable industrie !

La production augmente pour répondre aux besoins croissants de la population. L'industrie se développe à vitesse hallucinante, il faut alors investir dans les équipements neufs et aménager des bâtiments conformes. Plus question de travailler dans les bâtiments actuels, jugés rudimentaires et vétustes par les vétérinaires et la DSV.

On lui conseille de s'associer. La réponse est claire : « Non, pas questions de s'associer, je reste seul ! ». Pour solution, Ernest Soulard s'entoure de ses enfants, du moins ceux en âge de travailler et se tourne vers la production de canards de Barbarie et de pigeons. Le choix est important et l'avenir de Canard Soulard en dépend. La décision était plus que risquée mais le choix s'est avéré bon. En effet, Ernest Soulard ne souffre pas de la crise que connaissent les abattoirs de poulets.

 

1974 : L'arrivée de la nouvelle génération chez Canard Soulard

Les enfants à tour de rôle rejoignent l'entreprise, le travail ne manque pas. Une SA est créée en 1974 et les parts sont partagées entre les enfants. La première chaîne d'abattage est achetée et l'entreprise Ernest Soulard ne cesse de croître.

En 1978, Ernest Soulard passe les commandes de son entreprise. Joël voit grand, il est conquérant et croit fortement en l'avenir de la société Canard Soulard. Son père et toute la famille sont à ses côtés. Ils lui reconnaissent ses qualités de gestionnaire et sa détermination pour continuer à développer l'entreprise familiale.  

Joël décide rapidement de se tourner vers l'export. Le marché français est selon lui trop petit. Il désire élargir les frontières en Europe et en Asie. Dans un premier temps, Joël fait grandir les locaux et dote l'entreprise d'un nouvel abattoir dans la zone industrielle des Landes à l'Oie. Il s'entoure d'experts pour mener ces changements. Il agrée ce nouvel établissement à l'export (première en France). Il ouvre ainsi l'entreprise au marché international. L'entreprise Ernest Soulard gagne rapidement des parts de marché en Allemagne et au Japon. En 1988, le service export intègre le site de l'Oie.

 

L'entreprise Ernest Soulard aujourd'hui

Avec plus de 100 000 canards par semaine et 50% de la production réalisée à l'export, l'entreprise Ernest Soulard est restée fidèle à l'esprit d'initiative de son fondateur.

Depuis ses débuts, l'entreprise familiale Ernest Soulard a vu sa production progresser doucement mais sûrement. De quelques 10 000 canards par semaine dans le temps, Ernest Soulard en produit aujourd'hui plus de 100 000.

Une des clés du succès : la famille Soulard est resté à l'écoute des attentes des consommateurs, aux changements de modes de consommation. Elle a su adapter l'appareil productif de l'entreprise vendéenne au fil du temps. C'est ainsi que voyant les consommateurs préférer la découpe de canard plutôt qu'une volaille entière, Joël a décidé de doter la société d'une machine à découpe. Il a investi pour doubler les surfaces de production.

Puis l'entreprise s'est équipée en couvoir, bâtiments d'élevage, usine d'aliments pour garantir l'intégration de toute la chaîne. La production de canard est 100% Ernest Soulard : gage de qualité pour les clients.

Toujours à la recherche de la qualité, l'entreprise se fait agréer IFS (certification internationale) en 2005. Ce standard appliqué dans de nombreux pays permettra à l'entreprise de s'étendre au niveau mondial. Aujourd'hui, 50% de la production est exportée à l'étranger, notamment en Allemagne, au Danemark, au Japon et jusqu'en Afrique du Sud.